C’est une période où de la croûte continentale est créée en grande quantité. C'est ce que montre le graphique suivant :

Le premiers soubresauts correspondent aux zircons. On suppose que la surface de la Terre était couverte de basalte (dans "style vénusien"). A -2,5 Ga on voit que 80% de la croûte continentale a été formée. Donc avant - 2,5 Ga les continents (leurs composants principaux) étaient faits.
Attention : quand on parle continent, on parle bien de masse continentale, qui n'est pas en rapport avec leur surface. Dans cette approche (80% de formation) il faut préciser : 80% de la masse des continents, pas de leur surface.
Le régime thermique était il comparable à celui d’aujourd’hui ?
Oui et non.
En étudiant les komatiites, des roches ultrabasiques effusives principalement archéennes (bien que certaines datent de -1,6 Ga), on peut reconstituer les températures mantelliques de l'archéen, et en déduire un gradient géothermique. C'est ce que montre le graphique suivant :

A l’archéen la température mantellique serait au alentour de 2000°C alors qu'aujourd'hui elle est au alentour de 1500°C. On peut alors comparer le géotherme archéen à celui d’aujourd’hui. Et il lui serait grandement supérieur.

On peut supposer que le comportement de la lithosphère était différente
(une induction dicrète mais efficace pour la troisième partie ;-) )
L'archéen possède une lithologie bimodale. c'est à dire qu'elle est composée de deux grands ensembles :
On peut voir sur les images en lien ci dessous la cartographies des ces deux ensembles lithologiques.
On remarque que dans toutes ces cartographies on retrouve un point commun : des zones de TTG, entouré par
les ceintures de roches vertes (d'où leur nom d'ailleurs, imaginez leur couleur ...).
Il n'y a que dans le cas du Groenland où ces structures sont plus complexes, mais se retouvent tout de même.
Ce sont des roches riches en palgioclases, à biotite et à hornblende.
les TTG (tonalites, trondhjémites et granitoïdes) sont des roches dont la géochimie est celle des granitoïdes basiques.
On appelle ces roches des gneiss gris. Elles presentent un aspect très rubané et une structure migmatitique.
Il existe parfois des TTG mélés à des intrusions de granit (à feldspath et orthoclase, de couleur rose sur la photo).
Ce sont donc des roches fortement métamorphisées : il existe même des granulites
(qui contiennent des orthopyroxènes) qui se presentent sous forme diffuse (ils sont entourés de cercles rouge sur la photographie) avant d’ "envahir" la roche.
On appelle cette roche une charnokite
Il faut savoir que ce métamorphisme est toujours lié à de hautes température, ce qui cadre avec les gradients déduits de l'étude des komatiites, mais jamais à des hautes pressions.
Les ceintures de roches vertes sont composés des roches suivantes (du haut de la série, vers le bas) :
il faut préciser que les balsaltes mis en place à l'archéen possède des structures de type pillow, donc ils marquent
ainsi la présence d'eau.
De plus les komatiites possèdent (on le voit sur la photo) des olivines avec une structure buissonnante (en spinifex)
qui montrent une cristallisation en surface.
Auteur de la conférence : M. CHOUKROUNE / Rédaction et mise en page : M. Reynoard